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mardi 8 décembre 2015

La miséricorde de Dieu.



Aujourd'hui 8 décembre 2015, en la fête de l'Immaculée Conception, s'ouvre l'Année de la Miséricorde Divine. Et si nous essayions de comprendre un peu ce qu'est la miséricorde.
Le mot "miséricorde" désigne, en hébreu, le cœur profond, les "entrailles" qui frémissent sous le coup de la douleur et de la peine. 
Quel père ou mère n'a ressenti cela en sachant son enfant malade, perdu ? La miséricorde apparaît donc comme l'attachement profond d'un être pour un autre et particulièrement de Dieu pour l'homme. 
En latin Miseri veut dire « les pauvres » et Cor, « le cœur ». Miseri-cor, c’est le cœur vers les pauvres. 
La miséricorde consiste à avoir le cœur qui bat pour les pauvres. Quoi de plus beau, de plus chaleureux, de plus courageux ! Le mot miséricorde, dit Saint Thomas d’Aquin, signifie un cœur rendu misérable par la misère d’autrui. 
La miséricorde, c’est la compassion pour toutes les formes de souffrances ; c’est la patience bienveillante devant la lenteur de la conversion ; c’est le pardon généreux envers qui se reprend ; c’est le cœur qui s’ouvre devant la misère du prochain. 
Ce cœur sensible à la misère ne se réduit pas à des sentiments, à de l’émotion. Ce cœur est une attitude de toute la personne, un engagement de la volonté, à la fois une disposition de l’âme et une manière d’agir. Il pousse à vouloir faire cesser la misère du prochain comme on le ferait pour la sienne.

La miséricorde, telle que l’Écriture Sainte nous la dévoile, c’est Dieu saisi aux entrailles par ma détresse qui vient à mon secours et me délivre.

Dans notre vie, Dieu souffre avec nous. Il est bouleversé par nos malheurs, nos souffrances et notre condition d'homme pécheur.

Dans un grand mouvement d'amour pour nous, il nous manifeste sa tendresse, nous aide concrètement dans nos vies, nous témoigne sa "miséricorde", nous pardonne nos manquements, nos faiblesses, nous envoie son Fils. 
Dans le Nouveau Testament, Jésus nous invite à faire de même envers nos frères : "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux". Mt 5,48) C'est l'une des conditions de la vie éternelle 

Dans notre vie de foi, c'est au travers du sacrement de réconciliation en particulier (confession) que nous percevons la miséricorde de Dieu. 
Le pardon de Dieu nous remplit de joie et d'allégresse, nous redonne la paix. Mais ce n'est pas tout. Dieu nous manifeste aussi son attachement, sa miséricorde, au travers de personnes,  d'événements concrets, de rencontres, qu'il faut savoir relire dans sa vie.

Je vous propose aujourd'hui de décrypter le logo conçu tout spécialement pour accompagner l'Année Sainte de la miséricorde. Véritable catéchèse, prenons le temps de la contemplation:

Ce logo a été réalisé  par le Père jésuite Marko Ivan Rupnik. 
De nombreux pèlerins connaissent cet artiste dont les grandes mosaïques ornent les portes de la basilique de Notre Dame du Rosaire, à Lourdes. Nous retrouvons des similitudes dans le graphisme et le choix des couleurs avec le logo. 
Ce visuel est associé à la devise: « Miséricordieux comme le Père » qui est extraite d’une phrase de l’Évangile de Luc 6, 36-37: « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. »


Regardons le personnage central: son attitude évoque un berger portant sur son épaule une brebis - ainsi est représenté le berger dans les santons de Noël. 

Le vêtement blanc symbolique de la résurrection, son nimbe crucifère (cercle doré entourant la tête - signe de sainteté - marqué d’une croix rouge), les traces des plaies laissées par les clous sur les mains et les pieds (stigmates): tout nous indique que c’est le Christ ressuscité.


Ses pieds prennent appui sur 2 rectangles noirs (bois de la croix, noir comme la mort): Le Christ est vainqueur de la mort par le sacrifice de sa vie donnée par amour pour les hommes.



Qui peut être le petit personnage barbu qui remplace la brebis sur les épaules du berger? L’artiste indique qu’il s’agit d’Adam, le premier homme, marqué par le péché. 
Ses bras et ses jambes pendent de part et d’autre du visage du Christ qui les tient bien fermement. Son corps arrondi est relâché, abandonné. Seul le regard montre qu’il est encore en vie. 

Le récit de la Genèse, dans la Bible, raconte comment Adam a, par sa faute (le péché originel), entraîné l'humanité sur un chemin de mort, sur la voie du péché. Le Christ le ramène des ténèbres à la lumière, vers la vie. C'est pourquoi la tunique d'Adam est dorée. Une vie nouvelle s'ouvre pour l'homme qui prend appui sur son Sauveur.

En regardant attentivement les visages, nous remarquons une étrangeté: les deux personnages ont un œil en commun. Le Christ regarde l’humanité par les yeux d’Adam, et Adam regarde avec les yeux du Christ. La vie de l’un est liée à la vie de l’autre.


Le fond en forme d’amande (la mandorle qui symbolise la nature divine et humaine du Christ) de couleur bleu est composé de 3 ovales de plus en plus clairs en allant vers l’extérieur. Le Christ porte l’homme à la lumière en l’extirpant des ténèbres du péché et de la mort. 
Christ en gloire dans une mandorle, cathédrale de Chartres

En iconographie sacrée, cette forme ovale appelée « Mandorle »  est le terme italien désignant l’« amande. » Cette forme ovale spéciale peut être trouvée sur de nombreuses icônes, gravures ou statues religieuses. La Mandorle est toujours associée au caractère sacré de l’« Esprit ».Mais pourquoi une amande ?
- Il y a plus de 3000 ans, pour les Hébreux, l’amandier était le symbole de l’immortalité du Dieu d’Abraham, Isaac et Jacob.
- Etant le premier arbre à fleurir au printemps, l’amandier a aussi été associé à la régénération et à la vie nouvelle.
- Etant cachée dans une épaisse coque, l’amande elle-même a été utilisée pour symboliser la Connaissance Véritable découverte par « Celui Qui Sait ». 



Origine de cette photo: Jésus demanda à Frère Elie de photographier un mur blanc dans une église.Il prit une pellicule entière de photo du mur. Les photos sortirent toutes blanches, à l'exception de cet unique cliché

Seigneur Jésus-Christ,
toi qui nous a appris à être miséricordieux comme le Père céleste,
et nous a dit que te voir, c’est Le voir,
Montre-nous ton visage, et nous serons sauvés.

Ton regard rempli d’amour a libéré Zachée et Matthieu de l’esclavage de l’argent,
la femme adultère et Madeleine de la quête du bonheur à travers les seules créatures ;
tu as fais pleurer Pierre après son reniement,
et promis le paradis au larron repenti.

Fais que chacun de nous écoute cette parole dite à la Samaritaine
comme s’adressant à nous :
Si tu savais le don de Dieu !

Tu es le visage visible du Père invisible,
du Dieu qui manifesta sa toute-puissance par le pardon et la miséricorde :
fais que l’Église soit, dans le monde, ton visage visible,
toi son Seigneur ressuscité dans la gloire.

Tu as voulu que tes serviteurs soient eux aussi habillés de faiblesse
pour ressentir une vraie compassion à l’égard de ceux
qui sont dans l’ignorance et l’erreur :
fais que quiconque s’adresse à l’un d’eux se sente
attendu, aimé, et pardonné par Dieu.

Envoie ton Esprit et consacre-nous tous de son onction
pour que le Jubilé de la Miséricorde soit une année de grâce du Seigneur,
et qu’avec un enthousiasme renouvelé,
ton Église annonce aux pauvres la bonne nouvelle
aux prisonniers et aux opprimés la liberté,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue.

Nous te le demandons par Marie, Mère de la Miséricorde,
à toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles.
Amen.



Saint Pierre pleurant devant la Vierge, 1647 "Les larmes de St Pierre"Giovanni Francesco BARBIERI, dit le GUERCHIN




Bonne entrée dans l'Année Sainte de la Miséricorde!


Sources: Diocèse de Toulouse 

Site "Croire"