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jeudi 3 décembre 2015

Année Sainte


Dans quelques jours à peine, le 8 décembre, va s'ouvrir dans l'Eglise universelle catholique une Année Sainte de la Miséricorde, qui s'achèvera le 20 novembre 2016 en la fête du Christ Roi.


Mais qu'est-ce une année sainte?


La corne de bélier, « yobel » en hébreu, qui servait à sonner cette fête, a donné le mot « jubilé ».

Autrefois, chez les Juifs, une année sainte était proclamée tous les cinquante ans pour rétablir l'égalité entre tous les fils d'Israël ouvrant ainsi de nouvelles possibilités aux familles qui avaient perdu leurs biens et parfois même leur liberté. Quant aux riches, l'année jubilaire leur rappelait au contraire que le temps viendrait où les esclaves israélites, redevenus leurs égaux, pourraient revendiquer leurs propres droits. 

La justice, selon la Loi d'Israël, consistait surtout à protéger les faibles, et un roi devait se distinguer dans ce domaine, comme l'affirme le Psalmiste: « Il délivre le pauvre qui appelle et le petit qui est sans aide; compatissant au faible et au pauvre, il sauve l'âme des pauvres » (Ps 7271, 12-13). 
La source d'une telle tradition était strictement théologique, en liaison avant tout avec la théologie de la création et avec celle de la divine Providence. Il existait en effet une conviction commune: 

A Dieu seul, en tant que Créateur, appartient le « dominium altum », c'est-à- dire la seigneurie sur toute la création, en particulier sur la terre (cf. Lv 25, 23).

Si, dans sa Providence, Dieu avait donné la terre aux hommes, cela signifiait qu'Il l'avait donnée à tous. 
C'est pourquoi les richesses de la création devaient être considérées comme un bien commun de l'humanité entière. 
Celui qui possédait ces biens en tant que propriétaire n'en était en réalité qu'un administrateur, c'est-à-dire un ministre tenu à agir au nom de Dieu, l'unique propriétaire au sens plénier du terme, car la volonté de Dieu était que les biens créés servent à tous d'une manière juste. L'année jubilaire devait servir précisément à rétablir aussi cette justice sociale. (Tertio Millennio Adveniente, 13).

(Tiens tiens, de quoi faire réfléchir nos "grands" de ce monde!) 


L’Année sainte, une opportunité pour approfondir notre foi

L’Eglise catholique a entamé la tradition de l’Année Sainte avec le Pape Boniface VIII en 1300. Boniface VIII avait prévu un jubilé à chaque siècle. A partir de 1475 – dans le but de permettre à toute génération de vivre au moins une Année Sainte- le jubilé ordinaire fut établi au rythme de 25 ans. Un jubilé extraordinaire, en revanche, est convoqué à l’occasion d’un événement remarquable. Les Années Saintes ordinaires célébrées jusqu’à aujourd’hui, sont au nombre de 26.


Plaques commémorant l'ouverture et la fermeture de la Porte Sainte par Pie XII (1950), Paul VI (1975) et Jean-Paul II(1983-1984 et 2000), basilique Saint-Jean de Latran à Rome
La dernière Année Sainte remonte au Jubilé de l’année 2000. La tradition de convoquer des jubilés extraordinaires remonte au XVIe siècle. Les dernières Années Saintes extraordinaires du siècle passé ont été celles de 1933, convoquées par Pie XI pour le XIXe centenaire de la Rédemption ainsi que celle de 1983, convoquée par Jean-Paul II pour les 1950 ans de la Rédemption.
L’Eglise catholique a donné une signification plus spirituelle au jubilé juif. Cela consiste dans un pardon généralisé, une indulgence ouverte à tous et dans la possibilité de renouer le lien avec Dieu et le prochain. C’est pourquoi l’Année Sainte est toujours une opportunité pour approfondir notre foi et vivre, d’un engagement renouvelé, le témoignage chrétien.
Par le Jubilé de la Miséricorde, qui va s'ouvrir,  le Pape François met en lumière le Dieu miséricordieux qui nous invite tous à revenir chez Lui. La rencontre avec Lui inspire la vertu de la miséricorde. Ce jubilé ne ressemblera à aucun autre!
Le rite du début d'un jubilé est l’ouverture de la Porte Sainte. 

Il s’agit d’une porte que l’on ouvre seulement pendant l’Année Sainte, tandis que durant les autres années, elle demeure murée. Ce sont les quatre basiliques, les plus importantes, qui ont une Porte Sainte : Saint-Pierre, Saint-Jean en Latran, Saint-Paul hors les murs, Sainte-Marie Majeure. Le rite d’ouverture de la Porte Sainte exprime le symbole que, durant le jubilé, un  "parcours extraordinaire " vers le salut est offert aux fidèles. Les portes saintes de ces basiliques seront ouvertes après l’ouverture de la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre. 

Le pape François veut "décentraliser" l'Eglise et faire de cet événement un jubilé non exclusivement romain: 
"Dans nos paroisses, les communautés, les associations et les mouvements, en bref, là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une oasis de miséricorde". La Porte Sainte du jubilé ne sera pas seulement à franchir dans la Ville Éternelle, mais dans toutes les cathédrales ou "églises d'importance particulière" et sanctuaires qui ouvriront alors une "Porte de la miséricorde". 

La miséricorde, c’est maintenant !


Le 29 novembre 2015, à dix jours de l'ouverture à Rome du Jubilé de la Miséricorde qu'il a proclamé, le Pape François a officiellement inauguré le Jubilé de la Miséricorde, en Centrafrique, un pays exténué et oublié. 
Il a posé un geste historique en ouvrant la porte sainte de la cathédrale de Bangui, située au cœur d’une capitale dévastée, aux périphéries du monde, où les infrastructures sont vétustes ou inexistantes, où la misère est extrême. Un geste historique, porteur d’espérance.
"Ouvre-nous la porte de Ta miséricorde", a prié le pape François, avant d'ouvrir les deux battants de la porte. "Nous demandons la paix pour la Centrafrique et tous les peuples qui souffrent de la guerre", a-t-il proclamé. 
Le pape François a tenu à accomplir à Bangui ce geste exceptionnel, qui permet lors des Jubilés aux fidèles pénitents de franchir la porte d'une cathédrale et de recevoir le pardon de leurs péchés.